BRET EASTON ELLIS EST BIEN RÉEL


BRET EASTON ELLIS EST BIEN RÉEL

(7 mars 1964 à 14h35 à POMONA (CA) USA -)

« Regarde les riches... »


à Anne et Lionel




La lucidité, vertu ou défaite, est ici – avec Pluton dominante dans la carte du ciel de l'auteur Bret Easton Ellis – première, originelle, essentielle, mortelle, éternelle. 

Anciennement planète, la recherche scientifique l'a récemment exclue du système solaire (comme le demandait ironiquement une amie, Sophie, au siècle dernier, et elle a due être étonnée que cela advienne), mais qui continue de poser des questions. Et que je garde astrologiquement.
Ainsi que globalement, pour les plus fins, un zodiaque décalé par rapport aux constellations actuelles. L'Inde en tient compte, mais pas l'astrologie occidentale. J'en viens et j'y reste par choix.

Comme me l'expliquait Bernard Cocquempot de la Société Astronomique de France, amusé et intéressé par l'astrologie : « Nous avons peut-être gardé le thème initial de l'astrologie ? »
Les premières constellations.

Des approximations qui peuvent enchanter. Les connaissances que nous avons de l'univers sont plutôt minces, mais on avance.

De la planète Pluton, les astrologues en général en ont imaginé quelque chose à priori d'extrêmement "violent", (bien sûr le monstre des Enfers), ardant, qui vit en soi, presque plus brûlant que la vérité et qui pourrait concerner aussi l’immanence.
Ce qu'en raconte une carte du ciel, c'est peut-être la manière dont cette énergie sera plus ou moins gérée selon les rencontres de Pluton avec d'autres planètes, les rencontres du sujet avec l'autre. Là une sorte de jeu action/vérité permanent et qui peut s'adresser aussi à soi-même, grandeur nature.

Ce qui peut se vivre ici – dans le thème de Bret Easton Ellis – sur plusieurs modes puisque Pluton est en relation avec deux autres planètes importantes (et dans tout le thème avec 5 planètes rapides), Mars et Mercure, auxquelles elle est aussi opposée.
Cet amas planétaire
(Soleil-Mercure-Mars en Poissons) opposé à Pluton (et à Uranus sans vouloir en rajouter..) s'exprime alors par le conflit, en soi d'abord, des contradictions qui ne peuvent se résoudre que dans la relation à cet autre, bonne ou mauvaise mais essentiellement conflictuelle, toujours tendue, mais vers quoi ? C'est un mode auquel B.E. Ellis a du mal à échapper. Alors si Uranus, planète électrique s'en mêle,
Inquiet, prit par l'angoisse, la vraie, alors chercher l'affrontement est un moyen de la soulager ou de l'éviter, de trouver des rép
onses sur lui-même, sur sa virilité, sur sa capacité à créer, sur les autres. Ne trouvant que rarement de réponses satisfaisantes en lui-même ou ailleurs. Un ping-pong incessant entre soi et l'autre et/ou soi et soi qui finit par devenir saoulant, pour tous. Mais celui qui souffre réellement – car c'est finalement une question de vie ou de mort – c'est B.E. Ellis.

Pluton

 

Dans son thème il n'y a pas de carré. C'est à dire d'aspect dissonant à 90°, entre les planètes ou les luminaires (le Soleil ou la Lune). L'opposition se jouant à un angle de 180°.On pourrait dire qu'il échappe aux conflits intérieurs – une manière de résumer les effets de telles rencontres entre deux astres. Mais c'est un travail/torture nécessaire qui comme tous le disent permet de surmonter beaucoup de choses. Et des gens ayant beaucoup de carrés, Présidents, Poètes ou Champions, peuvent sans cesser ferrailler avec leur monde intérieur et le monde, mais pour obtenir parfois un résultat étonnant. Il y a aussi ceux qui deviennent des champions de la vie simplement et d'autres qui abandonnent, dans le déni, la fatigue ou la paresse qui les gagne tôt ou tard. Comme si une énergie mystérieuse était donnée, mais qu'il fallait toujours la rembourser au centime près. Et ça n'est pas facile.

Des oppositions seules à manifester le conflit (et j'ai l'impression que c'est assez rare), ça peut finir par ressembler au serpent qui se mort la queue.
Les psys concernés parleraient d'
introjection plus difficile. (Bret Easton Ellis est écrivain, s'il fallait l'écrire).
Même si les oppositions semblent être plus facilement gérables que les carrés, selon la tradition, parce qu'elles s'expriment, d'une manière comme d'une autre, sans eux les carrés, elles ressemblent aux aiguilles de boussoles qui auraient perdu leur centre.

A l'inverse, un thème sans opposition, mais avec seulement un ou des carrés, pourrait signer une difficulté a affronter les conflits réellement, en face à face, et mariner dans ses douleurs, comme un prisonnier.

Pluton ici s'exprime ainsi dans plusieurs registres : le cœur de l'homme, son Soleil en Poissons ; l'intellect et comment échanger avec ce monde, Mercure en Poissons ; et la lutte pour la vie, avec Mars dans le même signe.
American Psycho
(qui est sur ma table, même si rien que l'objet livre est assez flippant) est la plus grosse bagarre que j'aie jamais lue entre l'écrivain, son texte et son histoire. Et c'est horriblement bien écrit même si je cale à 100 pages de la fin, faut souffler. Et surtout, mais pas seulement, parce que cela se joue constamment frontalement. Un travail monstrueux de Titan littéralement.

Mais de quel affrontement est-il question quand ces oppositions se situent entre les Poissons et le signe de la Vierge.
Les Poissons sont par définition pacifiques (des dictateurs, des chefs de sectes ou Bertrand Cantat en sont les inévitables et remarquables exceptions). Principalement sensibles et impressionnables, parfois intuitifs, mais trop, dans un monde du sentiment permanent. Émotifs depuis la naissance et toujours, tout le temps. Tous ces excès qui lui sont naturels, sont l'habituel monde dans lequel vit un Poissons, et peut tout brouiller (d'où le recours que classiquement on leur prête, à toutes les drogues, sans jamais oublier l'alcool, drogue pandémique, ou à celle de la sobriété).

Le Poissons, à bord de ses intuitions, ses relations avec l'autre se vivent au mieux dans une empathie sincère, surprenante, et aidante parfois ou dans une confusion de l'un à l'autre qui le perd.
La santé étant donc logiquement un souci de la Vierge qui se tient en face, espérant qu'on oublie qu'elle est double. Espérant rester mesurée et y pensant logiquement, face au monde d'intuitions fulgurantes et méli-mélo du Soleil et du Mercure en Poissons. C'est comme une double peine, car ni l'un ni l'autre ne jugent les conflits très utiles ni nécessaires et pas très intelligents, en fait.
Les mêmes oppositions entre le feu et l'air seront plus facilement réglées, sur le ring probablement. Ou sur scène.

Nous parlerons plus tard du trigone, angle à 120°, que Pluton fait à la lune Mais quand les deux luminaires sont concernés ainsi, la planète prend forcément de l'importance. Là, presque comme le calme après une étrange tempête.
Nous évoquerons peu sa mère réelle puisqu'il n'en parle quasiment pas.

Mais cette Lune qui la représente, entre autre, est formidablement bien aspectée. Comme si B.E. E. avait en lui deux mondes séparés.
Mais le réel n'échappe à aucun des deux mondes, celui du père ou celui de la mère pour résumer.
On pourrait croire que dans cette carte du ciel, Pluton est une sorte de Cerbère, qui foudroie et protège l'écrivain, mais surtout l'homme. Pour découvrir qu'on a tous quelque chose d'un Cerbère..

Qu'est-ce que c'est qu'une réalité dont on voit trop bien les contours et comment réagir à sa violence ? Cela justifierait-il la violence avec laquelle B.E. Ellis s'est heurté à cette vie – dorée pourtant, ce qui n'est pas négligeable – et a pris toutes les drogues légales et illégales comme pour y échapper ou y entrer trop ? C'est facile et lui coûte si peu, au moins de trouver les drogues, en vente presque libre. Cela justifierait-il quoi que ce soit de cette violence brute autant qu'un diamant ? Le truc qu'on vend cher seulement parce que c'est la mode et pas parce que c'est rare. Puisque je viens d'apprendre que ça ne l'est pas si rare le diamant.

Justifier quoi, je n'en sais rien, mais expliquer, nécessairement.
N'en pas tenir compte serait une erreur qui n’appréhenderait rien, et rien du tout de l’œuvre de cet auteur, puisqu'il s'agit de ça.

Et pas un livre sans un autre. Marche ou crève, lit et passe par du bien gerbant à Lunar Park chef-d’œuvre comme une pause pas du tout tranquille, mais dont le sujet est une magnifique relation père/fils. Et tant de preuves de l'amour passionnel de B.B. E. pour son père, mort quelques années plus tôt que la rédaction du dit « dernier roman ».

C'est sa loi.


 

Parce que Pluton est aussi la planète de la Loi, avec un L majuscule. Au delà des pinailleries de la justice humaine (qui concerne plutôt Jupiter..) et varie selon les pays.
Non, ici il s'agit de la question de la justice et donc de la vérité. Et B.E. E. est l'écrivain.

L'opposition Soleil-Pluton dans le ciel de B.E. E n'est pas le signe d'une violence qui pervertit forcément soi-même ou les autres, même s'il en passe des ravins qui s'en approchent, mais plutôt d'un affrontement constant à sa propre violence généralement face à celle des autres. Une violence qui commence tôt ou comme je l'ai écrit, qui a toujours été là. Pas inscrite comme une fatalité, mais plutôt comme une réponse, un dialogue avec la violence déjà peut-être présente en l'autre, d'une manière comme d'une autre dans l'enfance, même fœtale puisqu'on le dit, de la personne. Comme être né les poings serrés.
Dans
Lunar Park le fils explique à son père qu'il a peur de lui puisqu'il a l'air constamment en colère.
Cette Loi, c'est peut-être d'abord l'essentiel interdit de l'inceste. Mais peut-être aussi la question de la légitimité de la paternité (façon générique de parler de la légitimité de la paternité ET celle de la maternité). Et toutes les autres lois qui en découlent.
On a maltraité B.E. E. dans son enfance. Son père l'a battu physiquement et moralement à une époque où tout le monde s'en foutait. C'était encore, pour la génération de Bret Easton Ellis, un temps où la violence de certains parents étaient considérée par la plupart des autres adultes comme une petite bizarrerie, une autorité un peu trop forte mais légitime, puisque les enfants appartenaient aux parents.
Mais pas de la maltraitance.
L'auteur crache sa douleur à la face du monde, se destine à devenir hors-la-loi comme tout le monde autour de lui et ça lui rapporte. Il l'écrit, le note.

Les trois planètes qui en disent si long (Soleil-Mercure-Mars en Poissons), comme un orchestre où les percussions seraient dominantes, sont aussi opposées à Uranus qui est conjointe à Pluton en Vierge pour les gens nés entre 1962 et 1968.
Uranus est moins "morale", mais concerne un sorte de maîtrise de soi pas étrangère à Pluton, mais qui bride parfois dangereusement cette dernière, dont-il ne faut jamais oublier le caractère éruptif, quand Uranus l'est aussi à sa façon. Quand vous décidez de maîtriser absolument des techniques, un désir caché de parfaite maîtrise de soi peut s'y cacher. L'immaîtrisable jamais loin. Il peut devenir encombrant. Ou exploser.

L'Uranien crée ou s'empare des technologies nouvelles avec un plaisir de Geek qu'il peut être souvent. Parce qu'idéaliste de nature, il espère en un futur meilleur, façon New-age parfois. La nouveauté peut l'intéresser jusqu'à la dernière fringue à la mode. Il veut être distingué. Son altruisme préfère tout de même être payé en retour. Les originaux à tous prix ou les chercheurs dans des domaines pointus expriment ce besoin essentiel d'être remarqués et parfois remarquables. Reconnus.
En opposition aux trois planètes, le sujet aura parfois envie de jeter son ordinateur par la fenêtre et peut le faire.

La colère souvent légitime exprimée par Pluton, peut trouver en Uranus un complice de taille, plus rarement un garde fou, un guide dans l'action, aveuglé lui aussi parfois. Et
remettre au lendemain concernant ces deux planètes est un vrai risque.

En littérature Bret Easton Ellis a exprimé d'emblée la nouveauté, l'inédit. Il a 21 ans quand il rencontre un immense succès avec Moins que Zéro, et en enchaînera d'autres. A l'écrit, il maîtrise son sujet, construit un style au fil des livres sans s'y enfermer, progresse.
Je n'ai pas lu
Zombies le recueil de nouvelles, mais American Psycho est magistralement écrit, fruit d'un travail, même si B.E. E. dit que des dizaines de pages semblent avoir été écrites sans lui, et on peut facilement le croire.

Le lecteur est ainsi obligé, à certains moment, d'affronter un difficile mot à mot dont il souhaite autant s'échapper. Mais on peut se demander légitimement pourquoi le livre est si épais.. Et pourtant, c'est l'auteur qui décide. Maltraitance il y a, tout de même, de part et d'autre.
« Aller jusqu'au bout », est une phrase qui prend tout son sens. Et la bêtise de certaines féministes qui comme la plupart des gens ou des critiques, souhaitent invariablement confondre l'écrivain et l'humain qui le supporte comme dirait cet auteur, et ne se charge que de rendre compte de certains faits en les abîmant d'histoires.

Qui s'offusque de quoi ?

Les expressions « Être tuant » ou « tuer le temps » prennent dans ce roman tout leur sens. Au premier degré.

L'incompréhension généralisée, c'est peut-être ce que B.E. E gère le mieux. Elle ne l'étonne pas tant. Le spectacle peut valoir le coup. Et c'est un roman.

« Vous pouvez décider de me croire ou vous pouvez décider de vous en aller. » dit le narrateur de Lunar Park.

Passer son chemin.

Offusqué parce qu'il mêle la pornographie au meurtre ? Ne l'est-elle pas un peu toujours ? Que le tueur en série n'est pas un illuminé du Nevada, mais un impeccable trader New-Yorkais de bonne famille ? Et que cette folie américaine, et là principalement celle des plus nantis des nantis des Américains – il faut la mettre à l'exposant – y est décrite par le menu ? Que cet homme, Patrick Bateman le héros, haïssent les femmes et en tue volontiers certaines ? Sans se faire remarquer puisque tout le monde a l'air interchangeable dans son univers.
L'auteur est-il misogyne quand il parle de certains aspects profondément nigaud et cruel
des femmes (et oui des hommes aussi) de l'Upper-East-Side ? Et qu'il faudrait se taire parce que sont des Femmes ? Ou des hommes. C'est stupide.


 

Je ne dis pas cela pour ramener l'auteur directement à ce thème de l'argent. Mais parce que son ciel et lui même ramènent tout à un axe si fort entre la Maison II et la VIII. Là où se jouent toutes ces oppositions.
L'axe Freudien par excellence.

L'argent et le sexe, bien sûr. L'avoir personnel, le fruit d'un travail/l'héritage. La domination/la dépossession. La mort et/ou la renaissance. La passion et l'ennui.
Et la première chose dont parle B.B. E. à propos de son premier succès éditoriale mémorable, c'est qu'il lui a permis d'être indépendant financièrement. « J'ai échappé à mon père. »
Cela semble d'une certaine manière dérisoire, puisque fondamentalement sa célébrité ne lui fait pas véritablement changer de milieu, ni réellement échapper à son père. C'est comme toujours la même histoire. Ainsi dans
American Psycho il tente de faire péter les gonds, en nous comme en lui. Kif kif. Et il y arrive.

Dès son premier roman Moins que Zéro, il fait du placement de produits de luxe appelé aux USA name-dropping. Et dans American Psycho il donne en plus de temps en temps les prix, des montres, des repas, de la coke, de la pelle à tarte, du nouveau costume etc... Aussi violent que de donner les noms de tous les stylistes. Mais au moins, tout le monde sait où on en est. La série Gossip Girl nous offre de nombreuses images de ce luxe inouï, visiblement américain, en moins subversif. Mais une telle débauche de luxe en tout et dans les moindres détails, de dépenses constantes, étonne tout de même quiconque n'y est pas né ou tout simplement n'en est pas là.
Cette violence en toutes ces matières, il l'explique lui-même et parle principalement de son père le soi-disant héros d'American Psycho. Et pas comme un moralisateur, peut-être de plus en plus comme un moraliste. Nous avertissant, il ne s'en mêle pas et profite.

Et l'opposition du Soleil (ce Soleil qui prime dans les horoscopes de bazar, et reste très important pour moi dans un thème, sur ce point en léger désaccord avec l'excellent astrologue et mathématicien Jean-Pierre Nicola) à Pluton et Uranus, mais aussi sa conjonction à Mercure et Mars fait du sujet de la violence, une irruption permanente. Et un livre.
Pourtant dans cet axe Poissons-Vierge qui cherche à contenir la colère, les drogues qui sont si peu festives dans les romans de B.E. E., ne soulagent que très provisoirement la stupeur aggravée qui souvent peut prendre l'auteur.
Et dans le fond, sa consommation n'est qu'à peine supérieure à celle d'un Américain moyen, qui de l'enfance à.. la mort ingère des tas de poisons ? Ritaline, Zyprexa ou anti-dépresseurs donnés à des enfants de moins de 10 ans (dans Lunar Park et tous les docs sur le sujet). Et pas dans des familles de défoncés, quoique, puisqu'au moindre lézard dans son existence on avale du Xanax comme des Smarties... Mais qu'est-ce que c'est que ce DÉLIRE MÉDICAL qui comme un nuage se transporterait dans le monde ?!

Ellis ne parle pourtant que de la banale consommation Californienne ou hollywoodienne, classique, très ancienne, et répandue. Plus voyante, plus clinquante que sur la côte Est, mais qui aime voir en grand comme n'importe quel coin perdu des USA, et puisque c'est son lieu de naissance. C'est pourtant un drame reconnu mais qui s'importe en France. Et BFM s'amuse quand on prononce le mot Big Pharma comme si c'était un jeu. Tant pis.

Et pour en finir avec notre astre moteur, le seul aspect dit "positif" (quand c'est plus compliqué) qui lui permet de gérer cette effervescence constante, c'est Neptune, la planète des Poissons qui, pour cette génération, se trouve en Scorpion, et chez lui dans le domaine de la famille, la Maison IV, et du père en particulier.
Neptune peut être la fuite, encore, puisqu'elle exprime aussi des aspects du Poissons, étant depuis pas si longtemps devenue sa planète maîtresse. Là en Scorpion elle est plus radicale, et plus plutonienne... puisque cette planète est maître de ce signe.

Trouver les moyens d'échapper à cette réalité pour des mondes meilleurs. Une manière aussi mais toujours d'échapper au réel ou de le supporter. Ce peut être la Foi qui concerne cette planète. Mais au contraire de Jupiter qui rend compte des religions instituées, la Foi des Poissons est animiste, même s'appuyant sur des Textes. Elle s'apparente plus aux mysticismes qui existent d'ailleurs dans chaque religion. Et abhorre le sectarisme, quand Ron Hubbard, le fondateur de la scientologie, se revendiquait presque d'être du signe des Poissons.
Mais pour un Poissons rien n'est rassurant dans une Église, quelle qu'elle soit.

C'est à chacun qui est porteur de ces aspects planétaires de faire ses choix, de les interpréter. Si on joue à contre-emploi cela finit par se voir. Et il existe bel et bien des emplois dans le monde du spectacle et peut-être aussi dans la vie, à des rares moments on peut jouer à contre-emploi. Mais généralement on s'efforce de jouer sa propre partition, tissée de conditionnements divers, auquel il n'est pas facile d'échapper quand on le souhaite.
Mais paradoxalement j'ai le sentiment que l'astrologie peut y aider, évidement pas toute seule, même y participant à ces conditionnements comme je le pense. Elle n'est ni une contrainte ni une fatalité. A défaut un révélateur. Mais beaucoup d'autres interprétations d'un même thème sont possibles et des changements sans cesse peuvent nous y obliger ou nous y aider, puisque les planètes continuent de se déplacer et nous concernent jusqu'à notre mort.

 

Aspects de la lune

L'autre astre fondamental, est la Lune, comme les Anciens la considère ou les jardiniers.
Dans le thème de Bret Easton Ellis elle est en Capricorne.

La Lune en astrologie représente inévitablement la mère, mais aussi le quotidien, les êtres de ce quotidien, comme une extension de la relation que nous avons eue avec elle ou avec un être qui la représentait. Puisque nous pouvons fabriquer des patchworks pour parvenir à être aimés et aimer.
J'ai inventé.. aussi que dans chaque thème c'était une sorte de description d'une mère idéale.

Quand elle est mise en relation avec le soleil de la mère réelle, elle peut renseigner sur les évidences, les frustrations, les enchantements de cette dyade mère-enfant, l'absence, les abandons ou les violences. Avec le père c'est moins explicite en astrologie, plus dispersé. Les difficultés avec le quotidien dans sa maison, tout simplement, peuvent être des indices.
Il reste qu'étant du genre féminin, je ne suis pas sûre de savoir très bien analyser les effets de la Lune dans le thème d'un homme et des subtilités m'échapperont forcément. Puisque je sais que cela sera vécu différemment même si a priori les enjeux sont les mêmes. Peu importe le genre que l'enfant se
choisira, chacun vivra sa relation avec la Lune d'abord en homme biologique ou en femme biologique. Biologiquement avec ce qu'il est à la naissance puisque l'hermaphrodisme existe, ainsi, d'abord, exclusivement. L'entrée en scène sera fondamentale. Je le pense vraiment.

Certains astrologues ont vu dans cette Lune en Capricorne une sorte d'assèchement ou d'infertilité à cause de la terre particulière de ce signe. C'est sans compter sur le sens des responsabilités du signe. Cette infertilité n'est pas du tout prouvée et découle de ce qu'inspire les oppositions entre les signes, comme des trucs que l'on veut et peut trouver de différent avec le signe en face du sien. Qui ne font parfois qu'habiller autrement les mêmes dilemmes.
C'est une Lune dans un signe exigeant. Mais la Lune qui reste un astre sensible, gène presque le Capricorne dans son quotidien, dans sa relation avec ses intimes. Il a les moyens de gérer cette lune de la transmission aussi, en la réduisant au silence. Son entourage pourrait s'en étonner au mieux.

Mais une sorte d'austérité, de mesure réfléchie, de secret, de refus de l'élan, d'une spontanéité presque inexistante, depuis des hauteurs ou de la méfiance, gagnent souvent ce signe.
La lune en Capricorne fait face au signe du Cancer, là où cet astre joue à domicile, tout en émotions, le plus souvent secrètes puisque jugées par le sujet lui-même comme trop fortes. Il sait gérer. Et les deux signes confirment cette donnée chacun à leur manière.

Les émotions d'un signe de terre – le Capricorne étant le dernier de cet élément dans la roue du zodiaque – sont le plus souvent ce qu'il sait le mieux camoufler. Un art, et certains de ses silences en sont un témoignage. Ayant pleinement conscience que les émotions ne sont partageables qu'avec un minimum de personnes, voire personne pour certaines. Il le sait et les gère.

Alors le Capricorne compte ses mots et connaît leur sens. En face on considère plus simplement les Cancers comme des timides. Simplifions tout, c'est à la mode.

C'est une Lune qui dans cette carte du ciel ne reçoit aucun aspects difficiles, et tant mieux, après la bourrasque que se prend le Soleil.
Elle forme avec deux autres planètes un triangle parfait, et avec une troisième elle s'en approche. Ça roule.

Ce type de figure peut finir à défaut par tourner en rond dans une béatitude stérile mais pas désagréable. Mais ici un sextile (aspect à 60°, plus travailleur que le trigone, puisqu'il se joue entre deux éléments différents qui se conviennent cependant) de Vénus à Saturne, et fait dérailler et améliorer le bel agencement. J'en parlerai plus loin.
Et les conflits dont j'ai parlé précédemment ne suffisent-ils pas à animer au moins la conversation. Je ne sais d'ailleurs plus s'il y a un échange de mots entre le narrateur et la mère, dans les différents romans où elle apparaît.

Il y a pourtant foncièrement quelque chose d'indépendant dans cette relation, dictée par le trigone Lune-Uranus. Sans illusions comme toujours, avec Pluton trigone aussi à cette lune. Comme si l'auteur était à peu près au clair avec cette donne là.

C'est aussi l'histoire de la dolce vita dans laquelle il a vécu dès l'enfance.

Et ma première réaction à la lecture de
Glamorama par lequel j'ai commencé a été : « Mais de quoi se plaint-il ?! » Ne sachant absolument rien de lui.

Bret Easton Ellis ne peut pas s'empêcher de voir, d'examiner au millimètre près parfois – les maths pas absente de son œuvre. La mère Lune en Capricorne surveille sa portée avec une vigilance inégalée et on peut comprendre dans Lunar Park que le narrateur aussi, malgré les effrayants tumultes en lui et hors de lui.

D'ailleurs cette Lune si peu démonstrative se trouve en Maison V, celle des œuvres, des enfants, des plaisirs en général. A profusion avec une Lune qui est d'un naturel gourmand, même tempérée magistralement par sa présence en Capricorne. Mais ça se construit.
C'est seulement l'ambition qui serait alors dévorante ? B.E. Ellis aime bien aussi sa tranquillité... ou le découvre peu à peu.

Il ne doit pas avoir un si mauvais rapport avec les enfants, une fois un certain cap passé. Que le Poissons prenne le temps de se débarbouiller de ses tics et de ses tocs d'angoissé-né et semblant effrayé par tout, tous et n'importe quoi. Comme si un danger permanent nous guettait. Et ne pas avoir forcément peur, mais être toujours sur ses gardes. Les gens et la vie pouvant se révéler tellement surprenants et dangereux parfois.
Au repos, c'est à dire dans des circonstances exceptionnelles, ou dans l'urgence, dans
Lunar Park, le narrateur peut être d'une très grande justesse avec ses enfants. Et angoissé, comme si ça n'allait pas de soi. Alors parfois effrayant. Mais quelqu'un à qui on peut dire : « Je te hais ! ». Et qui l'entend. Saturne ou le Capricorne obligent à la responsabilité.

Ce désir de paix – entre des lieux et avec des êtres – B.E. Ellis peut le trouver facilement, le lieu au moins, s'il le souhaite. Encore Jupiter conjoint à Vénus... Mais les 900 m² pour quatre, dans « la banlieue anonyme new-yorkaise » n'ont pas été suffisants. Humainement, c'est trop grand avais-je envie de suggérer au long du livre. Ça me ferait l'effet de dormir dans un musée..

La planète Vénus est valorisée dans ce thème par sa présence en Taureau, deux planètes maîtresses pour ce signe (Lune et Vénus). Et par sa relation en trigone avec la Lune, qui est en général un excellent aspect. Et principalement une capacité d'adaptation, même si ici c'est en terre, une capacité à trouver un abri, un "bunker" me rappelle aussi une amie concernée.
Valorisée aussi par le fait qu'elle se trouve
au Milieu-du-Ciel, qui parle du succès principalement. Et artistique, très clairement. Conjointe à Jupiter, dans le temps surnommé « le grand bénéfique ».. le destin s'est donc penché sur le berceau de l'auteur, qui l'a réalisé.

Car, on peut avoir le thème d'un génie, et n'en rien faire pour x raisons, mais c'est ainsi. Et je pense tout de même que d'abord, c'est par choix.
La précocité est peut-être liée à l'
aspect entre Vénus et Uranus. Et avec le trigone de la Lune à Uranus, Bret Easton Ellis ne fabrique pas son originalité, elle lui est donnée. On peut l'attribuer aussi à un esprit critique lui aussi précoce.

Il est singulier alors son œuvre le sera, c'est décidé. Indépendant d'un point de vue affectif, à sa manière brutale parfois, il a tout de même soif de reconnaissance. Et ne pas se contenter du « Il a tout », comme il l'a fait de manière héroïque ou navrante.

Il existe 4 angles valorisés en astrologie, dont deux plus que les autres : l'Ascendant (la Maison I), notre voie et comme elle peut s'exprimer (à l'opposé le Descendant (la Maison VII) qui désigne l'autre, le couple ou les associations.
Le Milieu-du-Ciel est considéré comme essentiel depuis peut-être que l'on a imaginé une carte du ciel ? C'est le désir de gloire, la réussite social, parfois l'échec quand c'est très mal aspecté, mais pas toujours... Il parle aussi de la foule, et de la mère, ce que je ne comprends pas encore. (En face, le Fond-du-Ciel construit le lieu d'une famille imaginaire ou réelle, le foyer et de quoi il aura l'air. Le père et la mort, deux mystères encore pour moi, à cet endroit-là.))

Avoir une planète contre l'un de ces quatre angles valorise cette planète.
Ici deux planètes sont au milieu-du-ciel,
Vénus ET Jupiter. L'art et le bol, insolents. D'un Jupiter en Bélier qui donne juste un coup de pouce à l'ensemble du thème, avec cette générosité plus légendaire qu'autre chose, il fait profiter les élus. Puisque la relation avec l'argent me semble rester encore pathologique chez l'auteur, rien qu'en suivant les liens qu'il affiche sur son compte Twitter.

Le rapport facile de Vénus et de la Lune avec Uranus marque le désintérêt de B.E. E. pour la question du genre qui lui conviendrait intimement, bien qu'il sache les distinguer. Il choisit ou il est choisit par des gens, avant d'essayer de comprendre autre chose. Pourquoi faudrait-il encore tout désigner, il l'a peut-être déjà suffisamment fait dans ses livres, non ? Ceux qui peuvent déterminer leur case avec aplomb sont fortiches.

Mars est en Poissons et marque ce pacifisme dont j'ai déjà parlé. Les colères rares habituellement sont bouillonnantes ou torrentielles. Un ami prétendait à mon sujet qu'on pouvait voir que c'était un mode, la colère, qui ne m'allait pas à moi-même et me faisait limite souffrir.
En Poissons l'énergie est fluctuante, puisque tout ce qui les concerne est sans cesse entaché d'émotions. Ça fatiguerait n'importe qui.

Et Mars est au centre d'une grande conjonction avec le Soleil et Mars en Poissons.
La conjonction a longtemps été considérée, ou par certains, comme favorable. Depuis on s'est aperçu qu'elle avait tendance à dépendre des aspects qu'elle recevait.

Ici des oppositions à Pluton et Uranus, comme nous l'avons décrit. Et pour ces trois planètes, le trigone à Neptune.

Mars au centre est un aiguillon et la pensée va vite. L'auteur peut être au prise avec une agitation mentale, qui est déjà celle du Mercure en Poissons. Là c'est souvent trop, quand en face, la Vierge supplée en prenant le temps d'analyser les choses avec minutie et avec des mots. Un poissons pas trop mal équipé vibre à cette analyse et la synthétise comme il peut, s'il le veut.
Bret Easton Ellis, traversé de Vierge, est dans la capacité de traduire en mots justement, la manière dont il peut vivre cet sorte de chahut permanent qui peut conduire au meilleur ou au pire. Quelle incidence il a sur toute la vie sociale du sujet. Demandez à Bernard Arnault, un autre riche Poissons qui apparemment ne gère pas son argent de la même manière que B.E. Ellis, qui en a un peu moins tout de même. Mais à partir d'un certain seuil ça décolle, pour ceux qui restent à terre.

Mars opposé à Uranus, c'est vraiment décider de prendre des risques inconsidérés. Sans peur d'être brisé ou finalement le souhaiter. A la vie à la mort, en ce qui le concerne personnellement. Et jusqu'à Lunar Park c'est douloureusement le cas, souvent ou d'abord jusqu'à la haine. Puisque American Psycho c'est pour de rire.
L'opposition à Pluton c'est une volonté de se détruire, pour voir, et de montrer cette destruction, de l'afficher. Le carré plus discret mais pas géré rendra plus violent ou plus méchant.

Mais, le trigone à Neptune fait aussi les stratèges et d'abord de sa vie. L'auteur a parfois des coups d'avance sur lui-même. Il change avant même d'en avoir la volonté.

Et ce Neptune se trouve dans la maison IV (le Fond-du Ciel) celle de la famille dont j'ai parlé, de la mort et du père.

On pourrait dire que B.E. E. a une énorme indulgence à l'égard de sa famille, une "religion de la famille", quand on sait ce que cela veut dire aux États-Unis. Quelque chose comme une infinie plasticité à accepter chacun dans sa manière d'être, dans sa façon de s'exprimer, même ou forcément pas dupe.

Il les aime et vraiment s'en étonne constamment, sans même chercher à les changer. Il y réfléchit (Mercure trigone à Neptune). Alors il n'est pas forcément question du bric à brac autour d'un ésotérisme de bazar dont on nous affuble aussi, qui pourtant existe tellement dans toute la vie. Suffit de regarder les chaînes d'info où comment la langue la plus simple est parfaitement devenue inaudible.

L'intellect, la pensée, la gamberge façon kaléidoscope du Mercure en Poissons est dynamisée avec Mars ; conjoint au Soleil, il ne fait que raconter l'âme Poissons. Le sujet de la mort est au centre, qu'on s'y risque ou qu'elle advienne d'une manière comme d'une autre. Bret Easton Ellis semble touché, mais pas encore coulé. Et je n'ai pas encore lu White.

J'allais oublier de l'Ascendant qui chez B.E. E. est en Lion.

Notre voie, un autre pan particulier de nous mêmes. Quelque chose vers lequel on tend. Le début de l'Histoire puisque l'Ascendant est aussi la première maison qui chacune racontent le domaine dans lequel la planète va s'inscrire : la I soi-même, la II l'avoir, la III l'enseignement et le commerce, la IV la famille et son extension, la V les arts, les enfants, les plaisirs, la VI la santé, le labeur, la VII le conjoint, les associations, la VIII les héritages, la mort, la IX les voyages, l'enseignement supérieur, la X la réussite sociale, la XI les amis, la XII les épreuves et la résilience.

Cet ascendant Lion est presque comme un cadeau empoisonné, en exagérant un peu, car il s'agrège difficilement à tout ce qui fait le caractère du Poissons, bien plus discret.
Car le Lion veut la gloire, une grande ou une petite quelque soit son métier. « Tous en scène ! » semble-t-il dire. Avec un immense besoin d'être reconnu, lui et personne d'autre. Le rois des animaux et aussi celui qui se prend pour le roi du zodiaque, et peut y arriver parfois.
Le Lion est donc à peu près aussi ambitieux que le Capricorne, mais de manière tellement plus voyante.
Patrick Modiano vit exactement l'inverse, il est un Lion avec un ascendant Poissons. On ne peut pas dire qu'il soit le roi de la com', contrairement à Ellis. Ajouté à ce Mercure qu'il a pourtant en Vierge (brillant) mais carré à Mars en Gémeaux, peut le rendre inaudible en interview.
Ce qui ne l'a jamais empêché ni d'écrire ni d'être lu.

Bret Easton Ellis connaît la gloire. Il a rempli le contrat. Cela ne sera peut-être jamais suffisant, car le Soleil maître du Lion, se trouve.. en Poissons.
Vous pouvez alors tout relire...


 

Pour finir sur une note d'humour, voici un horoscope (et du Poissons sans doute) du Post, de B.E. Ellis lui-même :

« Laissez-vous guider par les feuilles de thé, évitez la tragédie, ignorez les pentacles, devinez l'allusion, réconciliez vous avec l'avenir, embrasement possible, réveil du dormeur »
      Lunar Park (
Ed. Pocket, p.465) 

P.S. : Je viens de finir American Psycho. Bret Easton Ellis n'est pas seulement un auteur à succès. C'est un grand écrivain.
Les deux pourtant ne vont pas toujours ensemble, puisque j'ai fait l'effort de lire un Guillaume Musso en entier, qui restera le seul dans ma collection des Bestsellers les plus que navrant..
Il y a des passages de la fin  d'American Psycho que j'aurais aimé citer en entier. Et oui, ce livre doit être lu de A à Z, même si j'avoue avoir passé certains meurtres. Je fais là une promo réelle pour quelqu'un qui n'en a pas besoin. Rock'n roll ! 

 

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