INTERPRETER EN ASTROLOGIE

Cet art, celui de l'interprétation, est aussi difficile que celui de la comédie. Art et artisanat qui se mêlent et concernent tant de domaines. Cela peut donner le tournis. Il y a toujours plusieurs interprétations possible en art dramatique aussi, sinon à quoi bon rejouer des mêmes pièces à succès.

L'astrologie nous livre des sorte de cartes, un dessin, cette carte du ciel de chacun ou celle d'un événement. Peut-être un destin, mais lui aussi nous file entre les pattes. Il zigzague.
A une époque lointaine je fabriquais ces cartes moi-même : un bol pour tracer le premier cercle et un plus petit pour l'autre à une petite distance. J'exagère comme en presque tout ce que je fais. Je dessinais tout les degrés quand j'aurai pu me contenter d'aller au moins de 10 en 10. Mais en fait cela me permettais de méditer, studieuse, et de parler aussi avec ma mère quand elle était encore là. Ou de l'écouter.
A peine ayant fait quelques thèmes j'ai écrit aux journaux pour me faire embaucher et en particulier les Dernières Nouvelles d'Alsace, journal peut-être à l'époque trop sérieux et qui n'avait pas de rubrique astro. Refus généralisé, moi qui n'avait dans le fond pas tellement envie de le faire et pas les moyens non plus. J'étais novice mais j'aurais pu évoquer des trucs marrants.
Mon premier thème presque payant fût celui de René Terrasson, le directeur alors de l'Opéra du Rhin et qui mangeait presque tout les jours dans un bon restaurant place Kleber, dont mon frère était le maître d'hôtel. En fait ce thème astral était à côté de la plaque et bourré d'erreurs, moi si intimidée pour le défendre vraiment. Le directeur m'offrit cependant une place pour la première du Vaisseau Fantôme. Wouah!! C'était épatant même si je resterai distante avec ce compositeur, Richard Wagner - trop de langueurs par moment ou presque toujours. Ca doit être mon côté militaire. Et dès le premier rideau baissé après le final je me suis barrée de la loge du Prince, slalomant entre les vrais riches. En douce.

Dans les années 80 tout semblait possible. 
Des astrologues comme Elisabeth Tessier ou Jacques Halbronn ont milité pour faire entrer cette sorte de science à l'Université. Je suis et je reste contre cette idée. L'astrologie est bien trop marrante pour qu'elle soit confisquée par les Beaux Arts. Les interprètes souvent plus allumés que leurs sujets d'études.

Mais que tout un chacun s'y intéresse personnellement à l'histoire que cela raconte - conseil d'amie - cela me ferait plaisir. Pour qu'ils comprennent ce que les planètes désignent en eux, qu'ils jouent avec ces mots et ces principes et qu'ils se trompent. Pour que leur avenir se fasse pas sans eux ou contre eux. Le savoir au moins même si on ne peut pas y changer grand chose comme répétait Anton Pavlovich Tchekhov. Leçon d'humilité pour une fois. 
Si chacun connaissait un peu mieux ses propres planètes, il se téléguiderait peut-être un peu différemment et obligerait les autres sur moins de sujets puisqu'ils ne sont pas ces autres qu'ils essayent de conseiller et qui ne réagissent jamais comme eux ou comme il le faudrait. A moins qu'il ne s'agissent que de diktats.
Des astrologues sont même supposés avoir pu calculer la date de leur mort. C'est sinistre, un peu comme cette annonce de la fin du calendrier aztèque qui n'a pas vu le ciel nous tomber sur nos tête. Enfin pas encore.

Un jour une jeune femme me propose de lui faire sa Révolution Solaire annuelle (c'est à dire quand le soleil revient à la place qu'à la naissance mais que toutes les autres planètes et astres ont changés de cap). Elle fût largement déçue. Je ne sais pas lire l'avenir et ça n'a pas de sens pour moi. J'essayais piteusement de revenir à son thème de naissance d'où j'aurai pu dire deux ou trois choses. Elle me paya quand même, bien déçue pourtant et ne me le proposera jamais plus. On la comprend. Timide et astrologue cela ne marche pas non plus et peut-être tant mieux.
Yves Lecerf mon mentor comme on pourrait dire, m'a même "obligé" un soir à donner un cours à des étudiants assisté par son fils. Un fiasco mais c'était intéressant quand même et lui donnait la preuve que l'oral ne pouvait pas être mon truc.



A un autre astrologue, Monsieur Cocquempot astrologue et astronome à l'observatoire de Paris, et à qui je demandais pourquoi aux Indes les astrologues respectaient la précession des équinoxes, les constellations en face des bons trous. Et pas nous. Il me répondit, amusé, que notre astrologie en était peut-être restée aux origines et avançait consciente ou respectant ce passé. Alors même nos éphémérides sont fausses.

Si tout cela n'était pas simplement des supports de voyance, un peu comme quand Hercule Poirot lit dans les marcs de café. 
Mais en astrologie rien que le nom des astres font rêver et pas toujours au pire.

En ce moment il y a un amas planétaire en Capricorne : Soleil, Mercure, Saturne, Pluton. C'est peut-être aussi pourquoi les fêtes sont toujours un peu triste. Le Capricorne est sérieux et trop exigeant, parfois envers lui-même d'abord, mais surtout envers les autres. Un peu de farniente et de procrastination pourrait parfois le dérider. Des remèdes comme d'autres.
A vos étoiles !
La chance ça n'est pas toujours pour les autres croyez-moi.

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